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Droit passerelle : quel indépendant y a droit, et comment ne pas le perdre ?
Mis à jour le
Par l'équipe éditoriale, courtier inscrit FSMAQuelles situations ouvrent le droit passerelle ?
Quatre situations ouvrent le droit passerelle : la faillite, le règlement collectif de dettes, l'interruption ou la cessation forcée due à un événement extérieur, et les difficultés économiques. L'arrêt volontaire, pour changer de métier ou prendre sa pension, n'en fait pas partie. Le régime a été réformé pour les arrêts survenus depuis le 1er janvier 2023.
La faillite vise l'indépendant en personne physique, mais aussi le gérant, l'administrateur ou l'associé actif d'une société déclarée en faillite, à condition de ne pas avoir été condamné pénalement dans ce cadre. Le statut de mandataire de société ne ferme donc pas la porte.
La cessation forcée couvre l'indépendant contraint, contre sa volonté, d'interrompre ou d'arrêter son activité. Dans tous les cas, la situation ne doit pas avoir été provoquée intentionnellement pour obtenir l'allocation ou un autre avantage : la caisse examine les circonstances de l'arrêt.
Les conditions à remplir avant l'arrêt
Il faut avoir été assujetti au statut social à titre principal pendant le trimestre de l'arrêt et les 3 trimestres qui le précèdent, et avoir sa résidence principale en Belgique. L'indépendant complémentaire est exclu, le conjoint aidant au maxi-statut est couvert.
Les difficultés économiques ajoutent une exigence de paiement : des cotisations provisoires effectivement payées pour au moins 4 trimestres sur les 16 trimestres de référence, et des revenus restés sous un plafond fixé par l'INASTI l'année de l'arrêt et l'année précédente.
C'est le piège le plus fréquent. Un indépendant en difficulté cesse souvent de payer ses cotisations bien avant d'arrêter : il peut alors perdre le droit passerelle au moment précis où il en a besoin. Plutôt que de laisser filer les échéances, mieux vaut demander à temps une dispense ou une réduction de cotisations.
- Faillite : pas de condamnation pénale liée à la faillite.
- Cessation forcée : un événement extérieur, non provoqué, qui rend l'activité impossible.
- Difficultés économiques : 4 trimestres de cotisations payées sur 16, revenus sous le plafond.
- Toutes situations : aucune activité professionnelle, quelle qu'en soit la nature, hors cumul limité en cas de reprise (voir plus bas).
Ce que verse le droit passerelle
Le paquet de base comprend une allocation mensuelle pendant 12 mois au maximum et le maintien, pendant 4 trimestres au maximum, des droits aux soins de santé et aux indemnités d'incapacité, d'invalidité et de maternité, sans payer de cotisations. C'est ce second volet qui protège la famille pendant la transition.
L'allocation est forfaitaire et son montant dépend de la situation familiale, avec ou sans charge de famille. Il est indexé : demandez le montant du moment à votre caisse d'assurances sociales. Le forfait ne suit pas votre ancien revenu, exactement comme les indemnités d'incapacité de travail.
Le paquet de base peut être complété par des mois et des trimestres supplémentaires, selon le nombre de trimestres validés pour la pension entre deux événements. Mais par événement, la durée reste plafonnée à 12 mois d'allocation et 4 trimestres de droits maintenus.
Le délai de demande et la reprise d'activité
La demande s'introduit auprès de votre caisse d'assurances sociales au plus tard à la fin du 2e trimestre qui suit celui de l'interruption ou de la cessation. Pour un arrêt en octobre 2026, au quatrième trimestre, la limite tombe donc le 30 juin 2027. Passé ce délai, le droit est perdu.
Reprendre une activité est possible sans tout perdre, à condition d'avoir d'abord interrompu toute activité pendant au moins un mois civil complet. Chaque mois civil complet d'arrêt ouvre un mois de cumul, 3 mois au plus, avec une allocation réduite de 25 %, puis 50 %, puis 75 %.
L'allocation peut aussi se cumuler avec un revenu de remplacement, tant que le total ne dépasse pas le montant du droit passerelle ; au-delà, l'allocation est réduite. Un redémarrage, en personne physique ou en société, se prépare donc avec la caisse, en choisissant son statut avant de reprendre.
Pour aller plus loin
Les pages du site qui creusent chacun des points abordés ici.
- Protection sociale et privée de l'indépendantIncapacité, hospitalisation, responsabilité civile : ce qui couvre quoi.
- Dispenses et exonérations de cotisationsLes démarches à faire avant de laisser des cotisations impayées.
- Indépendant à titre principalLe statut qui ouvre le droit passerelle et ses obligations.
- Simulateur de cotisations socialesChiffrer vos cotisations INASTI avant de reprendre une activité.
- Incapacité de travail : ce que touche un indépendantL'autre revenu de remplacement forfaitaire de l'indépendant.
Questions fréquentes
Un indépendant complémentaire a-t-il droit au droit passerelle ?
Non. Le droit passerelle exige un assujettissement à titre principal pendant le trimestre de l'arrêt et les trois trimestres précédents. L'indépendant complémentaire relève de la protection attachée à son activité principale, le plus souvent salariée.
Le gérant d'une SRL en faillite peut-il toucher le droit passerelle ?
Oui. La faillite ouvre le droit au gérant, à l'administrateur ou à l'associé actif de la société déclarée en faillite, pas seulement à l'indépendant en personne physique. Il ne doit pas avoir été condamné pénalement dans le cadre de cette faillite et doit remplir les conditions d'assujettissement à titre principal.
Dans quel délai faut-il demander le droit passerelle ?
Au plus tard à la fin du deuxième trimestre qui suit celui de l'interruption ou de la cessation. La demande est adressée à votre caisse d'assurances sociales, qui vérifie les conditions. Rien n'est versé automatiquement : un dossier introduit trop tard est refusé, même si toutes les autres conditions sont remplies.
Peut-on toucher le droit passerelle plusieurs fois dans sa carrière ?
Oui, le régime en vigueur depuis 2023 permet de mobiliser le paquet de base à plusieurs reprises au cours de la carrière. Des mois supplémentaires s'ajoutent selon les trimestres validés pour la pension entre deux événements. Par événement, l'allocation reste limitée à 12 mois et le maintien des droits à 4 trimestres.
Des cotisations impayées font-elles perdre le droit passerelle ?
En cas de difficultés économiques, oui : il faut avoir effectivement payé des cotisations provisoires pour au moins 4 trimestres sur les 16 de référence. Un indépendant qui décroche a donc intérêt à demander une dispense à temps plutôt qu'à cesser de payer, pour ne pas perdre ce filet de sécurité.
Peut-on reprendre une activité pendant le droit passerelle ?
Oui, après au moins un mois civil complet sans aucune activité professionnelle. Chaque mois complet d'arrêt ouvre un mois de cumul, 3 au maximum, avec une allocation réduite de 25 %, puis 50 %, puis 75 %. Prévenez votre caisse avant de redémarrer, c'est elle qui applique la réduction.
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Sources officielles
- INASTI, Droit passerelle. Consulter(Source officielle, accédé le 2026-09-29)
- INASTI, Je suis obligé d'interrompre mon activité ou de l'arrêter à cause de difficultés économiques (après 01/01/23). Et maintenant ?. Consulter(Source officielle, accédé le 2026-09-29)
- INASTI, Nouvelles mesures pour les indépendants à partir du 1er janvier 2023. Consulter(Source officielle, accédé le 2026-09-29)
- SPF Sécurité sociale, Droit passerelle pour indépendants. Consulter(Source officielle, accédé le 2026-09-29)