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Comment calculer son tarif journalier d'indépendant sans oublier cotisations et impôt ?

Par la rédaction Finances IndépendantsMis à jour le 4 min de lecture

Sommaire
  1. Pourquoi ne pas diviser simplement son revenu souhaité par 220 jours ?
  2. Combien de jours un indépendant peut-il vraiment facturer par an ?
  3. Que faut-il ajouter au revenu visé avant de diviser ?
  4. Quand faut-il revoir son tarif journalier ?
  5. Pour aller plus loin
  6. Questions fréquentes
Comment calculer son tarif journalier d'indépendant sans oublier cotisations et impôt ?
20,5 %
Cotisation sociale d'un indépendant principal sur son revenu net, jusqu'à 75 024,54 € en 2026INASTI2026
10
Jours fériés légaux par an en Belgique, à retirer des jours facturablesSPF Emploi2026
21 %
Taux normal de TVA, ajouté au tarif hors TVA et reversé à l'ÉtatSPF Finances2026

Pourquoi ne pas diviser simplement son revenu souhaité par 220 jours ?

Parce que ce calcul oublie deux choses : une partie de vos journées ne se facture pas, et ce que le client vous paie n'est pas votre revenu. Avant d'arriver sur votre compte, chaque euro facturé doit couvrir vos frais professionnels et vos cotisations sociales, puis l'impôt. Un tarif juste se construit donc à rebours, à partir du revenu visé.

La formule tient en une ligne : (revenu net visé + cotisations sociales + frais professionnels) ÷ jours facturables = tarif journalier hors TVA. Chaque terme se chiffre séparément, et c'est en général le dernier, le nombre de jours, qui est surestimé.

Le revenu net visé correspond ici au revenu professionnel net imposable : ce qui reste après frais et cotisations, et sur quoi l'IPP sera calculé. Pour un indépendant à titre principal, il ne descend jamais sous un plancher : sous 17 374,08 €, vous payez la cotisation minimale quoi qu'il arrive. La page indépendant à titre principal rappelle ces règles.

Combien de jours un indépendant peut-il vraiment facturer par an ?

Rarement plus de 190. Une année compte environ 260 jours ouvrables ; il faut en retirer les 10 jours fériés légaux, vos congés, quelques jours de maladie ou d'imprévus, puis tout le temps non facturable : devis, comptabilité, prospection, formation. Avec des hypothèses prudentes, on arrive à 176 jours.

Le temps non facturable est le poste le plus souvent oublié. Un graphiste, un consultant ou un traducteur y consacre facilement une journée par semaine. Personne ne vous paie vos congés non plus : l'article sur les congés payés de l'indépendant explique pourquoi il faut les intégrer au tarif plutôt qu'à la trésorerie.

Comptez aussi les creux entre deux missions. Un mois sans client au printemps retire une vingtaine de jours facturables d'un coup. Si votre activité est saisonnière ou dépend de quelques gros clients, retenez une hypothèse plus basse encore : un tarif calculé sur trop de jours paraît compétitif, mais il laisse un trou dans les comptes en fin d'année.

Jours

Jours ouvrables (52 semaines × 5)

260

Jours fériés légaux

− 10

Congés (cinq semaines)

− 25

Maladie et imprévus

− 5

Administration, prospection, formation (un jour sur cinq)

− 44

Jours facturables

176

Hypothèses d'un cas type, à adapter à votre activité. Seul le nombre de jours fériés légaux est fixé par la loi (SPF Emploi).

Que faut-il ajouter au revenu visé avant de diviser ?

D'abord les cotisations sociales : 20,5 % du revenu net jusqu'à 75 024,54 €, auxquels la caisse d'assurances sociales ajoute ses frais de gestion, de 3,05 % à 4,25 % des cotisations selon la caisse. Ensuite les frais professionnels réels : matériel, logiciels, assurance, comptable, déplacements. Le simulateur de cotisations chiffre le premier poste.

Les frais professionnels déduits doivent pouvoir être prouvés, selon le SPF Finances : gardez factures et justificatifs. La fiche frais professionnels résume ce qui se déduit.

La TVA, elle, ne se calcule pas dans le tarif : elle s'ajoute au-dessus, au taux normal de 21 % pour la plupart des prestations, et se reverse à l'État. Sous 25 000 € de chiffre d'affaires annuel, le régime de la franchise permet de ne pas en facturer ; la page TVA de l'indépendant détaille ce choix.

Reste l'impôt des personnes physiques : il se calcule sur le revenu visé lui-même, à un taux progressif qui dépend aussi de votre situation familiale et de votre commune. Le tarif ne l'ajoute pas ; c'est à vous d'en mettre une part de côté chaque mois.

Quand faut-il revoir son tarif journalier ?

Au moins une fois par an, et à chaque changement important : perte d'un client, hausse des frais, passage en société. Les seuils et plafonds de cotisations sont indexés chaque année, et la régularisation des cotisations, calculée sur le revenu réel fixé par l'administration fiscale, arrive deux à trois ans plus tard.

Un tarif trop bas se paie à ce moment-là : la caisse réclame la différence sur un revenu déjà dépensé. L'article sur la première année de cotisations montre comment provisionner. Prévoyez aussi le risque d'arrêt : les jours de maladie ne se facturent pas, et l'indemnité d'incapacité de travail ne remplace qu'une partie du revenu.

Pour aller plus loin

Les pages du site qui creusent chacun des points abordés ici.

Questions fréquentes

  • Il n'existe pas de statistique officielle, mais un calcul prudent donne souvent 170 à 190 jours : environ 260 jours ouvrables, moins 10 jours fériés légaux, les congés, les imprévus et le temps d'administration et de prospection. Partir de 220 jours surévalue le chiffre d'affaires d'environ un cinquième.

  • Oui, entre professionnels le tarif se communique hors TVA. Si vous êtes assujetti, vous ajoutez la TVA, au taux normal de 21 % pour la plupart des services, et vous la reversez à l'État. Sous le régime de la franchise, en dessous de 25 000 € de chiffre d'affaires annuel, vous n'en facturez pas.

  • Les cotisations se calculent sur le revenu net, pas sur le chiffre d'affaires : 20,5 % jusqu'à 75 024,54 €, plus les frais de gestion de la caisse. En pratique, elles représentent donc moins de 20,5 % de votre chiffre d'affaires, puisque frais et cotisations sont déduits avant. Le simulateur de cotisations donne le montant exact.

  • Pas comme un poste séparé. L'IPP se calcule sur votre revenu net imposable, c'est-à-dire le revenu visé lui-même. Fixez donc ce revenu visé assez haut pour vivre après impôt, puis mettez chaque mois une part de côté pour l'IPP, en tenant compte de votre situation familiale et de votre commune.

  • La méthode est la même, mais les chiffres changent : le complémentaire ne cotise pas sous un seuil de revenu, puis paie le même taux, et son revenu d'indépendant s'ajoute à son salaire dans la déclaration IPP. L'impôt marginal pèse souvent plus lourd, ce qui justifie un revenu visé plus élevé par jour.

  • Oui, rien ne l'interdit et c'est logique : une mission d'un jour demande autant de devis, de suivi et de facturation qu'une mission d'un mois. Beaucoup d'indépendants appliquent un tarif dégressif selon la durée. Le calcul de base reste le même, il fixe le plancher sous lequel une journée ne couvre plus vos coûts.

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Sources officielles

  1. SPF Emploi, Jours fériés. Consulter (nouvel onglet)(Source officielle, accédé le 2026-10-13)
  2. INASTI, Combien de cotisations sociales dois-je payer ?. Consulter (nouvel onglet)(Source officielle, accédé le 2026-10-13)
  3. SPF Finances, Explications de la partie 1 du document préparatoire à la déclaration, exercice 2026. Consulter (nouvel onglet)(Source officielle, accédé le 2026-10-13)
  4. SPF Sécurité sociale, Cotisations sociales 2026 (hors frais de gestion). Consulter (nouvel onglet)(Source officielle, 2026-01, accédé le 2026-10-13)